L’efficacité du travail de soutien par les pairs à Petawawa

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Petawawa, Ontario

Des militaires responsables du programme de soutien par les pairs de la base de soutien de la 4e Division du Canada Petawawa, en Ontario, disent que celui-ci s’est révélé aussi utile à eux qu’à leurs camarades.

Le sergent Graham Ridley et le caporal Saxon Murray, du 2e Régiment de génie de combat (2 RGC), font appel à leur expérience personnelle de combat contre les blessures liées au stress opérationnel (BSO) pour accomplir leur travail. Le Sgt Ridley dit que son collègue et lui s’occupent autant d’apporter un soutien aux victimes de BSO, comme l’état de stress post-traumatique (ESPT), que de l’orientation professionnelle. Le lancement officiel du programme a eu lieu il y a tout juste plus d’un an.

Les deux militaires ont suivi la formation de coordonnateur du soutien par les pairs dans le cadre du programme de soutien social aux blessés de stress opérationnel (SSBSO). Ce dernier, créé en 2001, est une mesure du MDN et du ministère des Anciens Combattants.

« Il est difficile de résumer parfaitement notre approche, explique le Sgt Ridley. Le programme vise à apporter un soutien social aux victimes de BSO et aux gens aux prises avec certains problèmes. Toutefois, si quelqu’un éprouve d’autres difficultés et vient nous voir, nous n’allons pas lui tourner le dos et le laisser tomber. Ceux qui nous consultent peuvent simplement se demander s’ils veulent s’enrôler de nouveau ou quitter les Forces pour se trouver un emploi ailleurs. »

Le Sgt Ridley et le Cpl Murray se disent heureux de pouvoir faire profiter leurs pairs de leurs expériences respectives.

« Au fil des ans, il m’est arrivé très souvent de vouloir obtenir de l’aide, mais j’essayais de le cacher », raconte le Cpl Murray, qui a commencé à avoir des souvenirs pénibles et à éprouver de l’anxiété après avoir subi des blessures à la suite de l’explosion d’un EEI en Afghanistan. « J’ai commencé à consommer de l’alcool et des analgésiques, entre autres, pour me permettre d’aller travailler et pour éviter de voir que j’avais un problème. Je veux aider ceux qui vivent aujourd’hui la même chose que moi j’ai vécue. Je veux pouvoir les orienter dans la bonne direction afin qu’ils n’essaient plus de cacher leurs problèmes et qu’ils trouvent l’aide dont ils ont besoin. »

« Ce qui m’apporte le plus de satisfaction, c’est de travailler avec des gens qui sont aux prises avec des problèmes d’ESPT et de dépression liés au déploiement et de les voir se remettre sur pied, dit le Sgt Ridley. Ça me touche réellement. »

Le Sgt Ridley a d’abord découvert le programme de SSBSO à titre de participant, après avoir reçu un diagnostic d’ESPT à la suite d’une expérience traumatisante au cours d’une mission en Afghanistan.

« J’ai moi-même participé au programme, dit le Sgt Ridley. J’ai fait partie de groupes et participé à des activités de SSBSO lorsque les choses n’allaient pas très bien, ce qui m’a beaucoup aidé. Lorsque ma situation s’est améliorée, je me suis dit que je pourrais aider les gens à mon tour. »

« Essentiellement, nous apprenons simplement à utiliser des techniques d’écoute active, ajoute le Sgt Ridley. La formation se donne surtout sous forme d’ateliers portant sur des scénarios. On y apprend comment venir en aide à nos pairs et, en même temps, à conserver notre propre équilibre; ces scénarios peuvent remuer des choses en vous aussi. »

L’adjudant-maître Cal Schrader, qui fait lui aussi partie du 2 RGC, en plus d’agir à titre de sergent-major du 26e Escadron de lutte aux EEI du régiment, a contribué grandement à la création du programme. Le militaire affirme qu’il n’a pas eu à chercher bien longtemps pour trouver des personnes capables de diriger le projet.

« Ils ont tous les deux vécu cette expérience et il y a beaucoup de gens ici qui ont besoin d’aide, dit l’Adjum Schrader. Ils connaissent le système parce qu’ils y ont eu eux-mêmes recours. Ils sont tous les deux intelligents, compétents et respectés, ce qui en faisait des candidats idéaux pour ces postes. C’était un choix logique. »

Selon l’Adum Schrader, il est difficile de mesurer le succès du programme jusqu’ici. Le militaire ne doute cependant pas qu’il permet d’améliorer le cours des choses.

« Le succès de ce programme fait partie des choses qui sont difficiles à mesurer, en raison du respect de la confidentialité, explique l’Adum Schrader. Cette confidentialité est importante pour le maintien de la confiance. Cependant, si je tiens compte de tous les bons commentaires que je reçois, je déduis qu’ils sont très occupés là-bas. De plus, s’ils sont venus en aide à une seule personne, le programme en vaut déjà amplement la peine. La prévention d’un seul suicide, ça n’a pas de prix. »

En plus du programme de SSBSO, les FAC disposent d’autres programmes de soutien par les pairs. L’un de ceux-ci, à savoir le programme des sentinelles, constitue une ressource de l’Armée créée par la 2e Division du Canada en 2007. Il a servi à venir en aide aux militaires en Afghanistan, en 2010.

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