Les femmes et la sécurité

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Il y a 26 ans, le 6 décembre, un homme armé est entré dans une salle de classe de l’École Polytechnique. Après avoir séparé les hommes et les femmes, il a assassiné 14 femmes. La tuerie de la Polytechnique a bouleversé le pays et inspiré la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes au Canada.

Au moment où j’écris ces mots, nous sommes le premier jour d’une campagne de 16 jours d’activités visant à reconnaître la prédominance de la violence faite aux femmes. La campagne débute avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, et elle se termine le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne, notre Journée nationale de commémoration fait partie de la campagne.

Le Canada est un chef de file mondial en ce qui concerne la proportion de femmes dans les forces militaires. Les femmes peuvent obtenir n’importe quel poste au sein des FAC, notamment des métiers opérationnels, et servir dans n’importe quel élément. Dans tous les groupes professionnels, les hommes et les femmes des FAC sont choisis pour l’instruction, les promotions, les affectations et toutes les possibilités de carrière exactement de la même façon – soit selon le grade, les qualifications et le mérite. Chez nos alliés les Forces armées canadiennes (FAC) ont une excellente réputation d’être à l’avant-garde de l’intégration des sexes dans les forces militaires, réputation que nous nous devons de maintenir.

Malgré cela, le nombre de femmes dans les FAC est encore trop faible. Environ 14 % des membres des FAC sont des femmes. Les dirigeants des FAC croient que les Forces seront plus solides si des femmes s’enrôlent et occupent des postes de leadership à tous les niveaux. Les FAC ont mis en œuvre de nombreuses mesures pour faire de notre organisation un employeur de choix pour les femmes. Par exemple l’opération HONOUR, une mission à l’échelle de toutes les FAC, a comme objectif de faire de notre organisation une équipe inclusive, où tous les membres sont appuyés et travaillent dans un milieu exempt de harcèlement. Il s’agit non seulement d’une obligation morale que notre organisation a envers ses membres, mais c’est un besoin fondamental pour assurer notre excellence opérationnelle.

Des progrès sont également réalisés sur la scène internationale. Nous mettons à jour nos politiques afin de refléter ces transformations. Il y a quinze ans, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies a adopté sa première résolution sur les femmes, la paix et la sécurité. Depuis l’adoption de ce document considéré comme une résolution phare, le Conseil de sécurité a ajouté six autres résolutions pour compléter la résolution 1325 et approfondir les engagements envers les grandes lignes du programme consacré au thème « les femmes, la paix et la sécurité ». Le plus récent ajout, la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU 2242, a été adoptée le 13 octobre 2015.

Dans les semaines suivant l’adoption de la résolution, le chef d’état major de la défense, le général Jonathan Vance, a annoncé que conformément à la résolution 2242 du Conseil de sécurité de l’ONU, les Forces armées canadiennes allaient embaucher des conseillers afin d’intégrer les points de vue axés sur l’égalité des sexes dans la planification, l’exécution et l’évaluation opérationnelle. Les contributions des conseillers viendront également apporter des changements pertinents à la doctrine interarmées, à l’éducation et à l’instruction dans les FAC. Les conseillers en matière d’égalité des sexes devraient entrer en fonction au début de 2016.

Cette initiative stratégique représente une nouvelle façon d’envisager les opérations, qui étaient, jusqu’à présent, un environnement à prédominance masculine, à l’échelle nationale et internationale. La résolution 2242 du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaît que cette façon de procéder représente seulement la moitié de la population et qu’il est important de tenir compte du point de vue des femmes pour le développement de politiques, d’activités et d’efforts en vue de résoudre les conflits. En adoptant les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, les Forces armées canadiennes ont comme objectif de modifier les comportements en vue d’entraîner des changements positifs et permanents.

Lorsque j’observerai un moment de silence, le 6 décembre, je songerai aux gestes que les Forces armées canadiennes posent actuellement – mobiliser les femmes et les hommes – dans un effort pour éviter que de tels actes de violence ne se reproduisent.

Contre amiral Jennifer Bennett
Championne de la cause des femmes à la Défense nationale

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