Les casques protecteurs peuvent-ils prévenir une commotion?

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Q : J’ai été entraîneur d’équipes de hockey mineur pendant plusieurs années, et j’ai toujours privilégié le jeu prudent et l’esprit sportif. Au début de chaque saison, je rappelle à mes joueurs de porter tout l’équipement de protection lors de chaque partie et chaque entraînement. J’insiste précisément sur l’importance des casques protecteurs pour la prévention des commotions. Mon fils a fréquenté une école de hockey cet été où on lui a dit que les casques protecteurs ne protègent pas contre les commotions au hockey. Est-ce vrai?
— Entraîneur Tim

R : Monsieur l’entraîneur,
Merci beaucoup de faire don de votre temps au profit des sports mineurs. On a réalisé de vastes recherches et investi des millions de dollars en vue de la conception de casques protecteurs pour de nombreux sports. Malgré ces investissements considérables, il n’existe toujours pas un casque protecteur, dans aucun sport, qui permet de prévenir une commotion, et ce, peu importe l’argent que l’on peut dépenser.

Cela étant dit, les casques protecteurs demeurent toutefois une composante essentielle de l’équipement de protection. Lorsqu’ils sont bien attachés, les casques protecteurs préviennent efficacement les coupures au cuir chevelu, les hémorragies cérébrales et les fractures crâniennes. Malheureusement, ils sont très peu efficaces en ce qui concerne la prévention de commotions, principalement en raison de la façon dont les humains sont conçus.

Essayez de penser au crâne comme casque protecteur naturel au hockey. Il est doté d’une surface extérieure dure et osseuse et d’un ensemble de membranes protectrices, et à l’intérieur, le cerveau flotte essentiellement dans une piscine de liquide. Grâce à cette conception, lorsqu’une personne reçoit un coup, le cerveau peut bouger à l’intérieur du crâne. Par contre, si une personne reçoit un coup suffisamment violent, le cerveau se heurtera contre le mur osseux à l’intérieur du crâne, et il sera contusionné aux points d’impact. Par ailleurs, presque tous les coups exercent une force de rotation sur la tête; ainsi, le cerveau sera sujet de forces pouvant produire des déchirures microscopiques au niveau du cerveau et de ses vaisseaux sanguins. Les experts conviennent qu’un casque pouvant protéger le cerveau contre ces types de forces serait si grand et encombrant qu’il laisserait le cou vulnérable aux blessures.

Au bout du compte, les casques protecteurs protègent votre tête, mais ils ne protègent pas votre cerveau. Par conséquent, même si quelqu’un porte un casque protecteur, un coup à la tête peut avoir le même effet sur le cerveau que celui d’un accident de la route sur les passagers d’un véhicule. Au lieu de mettre l’accent sur l’amélioration des casques protecteurs, il est beaucoup plus efficace de s’attarder à enseigner aux athlètes à jouer prudemment et intelligemment pour réduire l’incidence des commotions.
L’exercice, c’est la santé!

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