Horizon « Sans limites » aux Jeux Invictus

Un homme se tient le côté tout en conduisant une bicyclette.
Geoff De Melo, d’Équipe Canada, est remonté sur sa bicyclette après avoir subi un accident durant les Jeux Invictus de Toronto.

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Réflexion sur les Jeux Invictus de 2017 au moment d’entamer le processus de demande pour les Jeux Invictus de l’an prochain

Par Geoff De Melo

L’un des 90 athlètes d’Équipe Canada des Jeux Invictus de 2017, Geoff De Melo fait montre de l’esprit des Jeux Invictus le premier jour de la compétition de cyclisme. Ce jour-là, il a terminé sa course, malgré le fait qu’il a eu un accident et subi une blessure grave à l’épaule et au genou gauches. Le prince Harry, fondateur des Jeux Invictus, a honoré la détermination de Geoff et de sa coéquipière, Melissa Smith, en leur remettant un médaillon Invictus durant la cérémonie de clôture. Vous pouvez maintenant présenter votre candidature au programme Sans limites pour faire partie d’Équipe Canada des Jeux Invictus de 2018.

Je n’arrive pas à fermer l’œil depuis 0 h 47; je suis incapable de dormir. J’éprouve une tension dans le ventre et une anxiété grandissante, qui s’apparente à un poids écrasant ma poitrine. Je me tourne vers mon épouse et tente d’effectuer des exercices de respiration, afin de me garder les deux pieds sur terre; cependant, ma pensée continue de s’envoler.

Je m’imagine dans la piscine, faisant la course contre des participants d’autres pays. Ensuite, je suis au High Park de Toronto, en Ontario, en train d’effectuer une descente d’une colline dans l’un des éléments techniques de l’épreuve du critérium.

C’est la veille de mon départ pour les Jeux Invictus de 2017, où je représenterai le Canada. Bien que je prenne la route pour Toronto dans à peine quelques heures, j’ai entamé mon parcours vers les Jeux Invictus il y a un an, lorsqu’on m’a choisi pour représenter le Canada.

Je me suis enrôlé dans les Forces armées canadiennes en 2007, à 25 ans. J’étais en bonne forme et en santé et je tenais à servir mon pays. Grâce aux efforts que j’ai déployés et à la détermination et à la persévérance dont j’ai fait preuve, j’ai pris part à un déploiement en Afghanistan en 2010 au sein du 1er Bataillon, The Royal Canadian Regiment, à savoir la « compagnie Bravo ». Pendant ce déploiement en 2010, nous avons perdu deux soldats : le sergent Martin Goudreault et le sapeur Brian Collier. En raison de la nature de mon poste de transmetteur du peloton, j’ai subi une perte auditive aiguë et développé des acouphènes.

J’ai eu du mal à réintégrer la société lorsque je suis rentré au Canada. J’avais des cauchemars et m’interrogeais sur l’efficacité et la validité de notre mission. Soudainement, une anxiété paralysante et une grave dépression déformaient chaque expérience que je vivais.

En 2014, j’ai subi un traumatisme cérébral pendant que je suivais un cours des forces armées. Je ne pouvais plus cacher mon état ni faire semblant de me sentir bien. J’ai perdu tous mes moyens de faire face au stress et j’avais besoin d’aide. On m’a diagnostiqué un état de stress post-traumatique (ESPT) attribuable à mon déploiement en Afghanistan, de même qu’un trouble dépressif majeur. Ultimement, je me suis tourné vers le programme Sans limites pour obtenir de l’aide.

Le réveil était sur le point de sonner, à 4 h 30. Je me suis mis à penser à mon cheminement depuis mon retour au pays en 2010.

Au cours des journées qui suivront, mes coéquipiers et moi allons nous mesurer à des hommes et à des femmes, militaires et vétérans, qui souffrent de blessures et de problèmes de santé. L’occasion de faire partie de l’équipe canadienne nous procure une nouvelle mission et une raison de persévérer. Lorsque nous mettons les pieds sur le terrain ou la piste, nous ne sommes plus cette personne équipée d’une prothèse; lorsque nous sautons dans la piscine ou parcourons le High Park en vélo, nous ne sommes plus la femme munie d’un exosquelette, et, lorsque nous faisons un accident en fauteuil roulant au rugby, nous ne sommes plus l’homme souffrant d’un ESPT. Nous sommes tout simplement des athlètes et des compétiteurs.

Grâce au programme Sans limites des Forces armées canadiennes, qui soutient Équipe Canada, nous avons appris comment nous adapter et surmonter des défis. Le programme appuie les militaires et les vétérans pour les aider à l’emporter sur des blessures ou des maladies sur les plans physique et psychologique en misant sur l’activité physique et les sports.

Malgré le fait que nous vivions avec ces maladies, celles-ci ne nous définissent pas. Souvent, nos limitations ne nous limitent pas. Notre parcours qui nous mène aux Jeux Invictus a peut-être débuté il y a un an, mais celui-ci se poursuivra bien après la fin de la cérémonie de clôture.

Nous sommes des militaires et des vétérans malades et blessés, et nous sommes Invictus.

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