D’un point de vue éthique, que feriez-vous? Commentaire : Soutien émotionnel et charge de travail

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Les perceptions et les réactions quant au dilemme intitulé Soutien émotionnel et charge de travail sont allées dans toutes les directions, allant de « Mark a besoin de congés payés et il devrait être remplacé par un intérimaire» à « Mike a besoin de comprendre ce que signifie la compassion et le travail d’équipe ».

Le respect et la compassion face à la condition de Mark sont entièrement justifiés, tout comme le respect de la charge de travail et des besoins propres à chacun, et ce, conformément au premier principe éthique, soit Respecter la dignité de toute personne, dans le Code de valeurs et d’éthique du MDN et des FAC.

Le conseil que l’on puisse donner dans cette situation est d’obtenir d’abord le plus de renseignements possibles. Est-ce que Mike est le seul à ressentir une pression au travail, et si oui, pourquoi ? Plusieurs lecteurs ont proposé d’effectuer une série de discussions en tête-à-tête entre le gestionnaire et tous les membres de l’équipe afin de déterminer la perception de chacun quant à la situation.

Certains ont aussi soutenu que c’est la responsabilité du gestionnaire de savoir si la charge de travail est équitablement répartie entre tous – quoique la notion d’« équité » peut justement différer en fonction de la définition lui étant attribuée par chaque personne. Il est souvent difficile de comparer la productivité d’une personne à l’autre, à moins que toutes n’effectuent les mêmes tâches et qu’il existe une vision commune de l’importance relative accordée à la qualité et à la quantité de travail.

Certains lecteurs ont supposé qu’il y avait probablement des ressources de soutien personnel que Mark n’avait pas encore exploitées, comme par exemple le Programme d’aide aux employés (PAE) ou les services d’aumônerie (s’il est militaire).

Si, d’une part, Mike est le seul membre de l’équipe à se sentir dépassé et injustement traité, cela pourrait indiquer qu’il serait opportun d’ajuster ses propres tâches, et ce, avec le soutien de ses collègues. D’autre part, Mike vit peut-être aussi des difficultés qui ne seraient pas a priori perceptibles. Un lecteur a même suggéré que Mike ressentait peut-être simplement le besoin d’être seul et de prendre ses distances face à la tragédie personnelle vécue par son collègue, et que cela serait probablement justifié si nous connaissions l’ensemble de la situation. On pourrait effectivement répondre à toutes ces questions en effectuant une série de discussions confidentielles entre le superviseur et chaque employé(e).

Certains lecteurs ont même suggéré qu’un forum pourrait être mis en place sur le lieu de travail pour permettre une discussion de groupe informelle (par exemple, le matin en arrivant) afin de s’assurer de circonscrire les moments réservés au soutien personnel et éviter que cela ne se produise spontanément tout au long de la journée.

Plusieurs ont pensé que l’option la plus prometteuse serait que Mark effectue partiellement du télétravail et que cela lui permettrait de conserver une plus grande proximité avec sa femme, tout en limitant la probabilité de nombreuses conversations personnelles au bureau durant la journée. En contrepartie, dans un cas comme celui-ci, le télétravail trop fréquent pourrait rendre la situation plus difficile pour quelqu’un dans la position de Mark, car il serait d’avantage ardu de ne pas se préoccuper perpétuellement des besoins très tangibles de sa femme et surtout d’obtenir du soutien extérieur.

Autrement, si l’équipe est vraiment dans une situation difficile par rapport à l’ampleur et la répartition de la charge de travail, le gestionnaire devrait alors chercher une solution dans le but d’engager des employés à court terme si le budget le permet. Ces ressources pourraient être allouées en priorité pour soutenir Mike dans son travail, si cela est nécessaire. Si le budget ou une autre considération ne le permet pas, alors tous les efforts devraient être faits pour aider Mark à maintenir sa productivité, y compris en lui permettant de faire du télétravail et en déterminant des moments consacrés au soutien personnel ainsi qu’à la socialisation pour s’assurer du soutien émotionnel de ses collègues.

On présume que Mark lui-même voudrait rester productif et continuer à soutenir le reste de l’équipe, tout en étant capable de s’occuper de sa femme.

Faites nous parvenir votre rétroaction ainsi que des suggestions pour les scénarios futurs.

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