La présence d’un aumônier : les aumôniers des FAC et leur rôle pendant la période des Fêtes

Un aumônier militaire porte une écharpe pourpre par-dessus son uniforme vert. Des drapeaux sont visibles en arrière-plan. Il s’adresse à une audience à l’aide d’un microphone.
Le capitaine David Gallas, aumônier canadien du Groupement tactique de présence avancée renforcée en Lettonie, lit le poème Au champ d’honneur, au cours d’une cérémonie commémorative au cimetière Brethen de Riga, en Lettonie, le 11 novembre 2018. Photo : Service d’imagerie du GT eFP en Lettonie, roto 3, ©2018 DND-MDN Canada

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  • Un aumônier militaire porte une écharpe pourpre par-dessus son uniforme vert. Des drapeaux sont visibles en arrière-plan. Il s’adresse à une audience à l’aide d’un microphone.
  • Un aumônier de l’Aviation royale canadienne déployé à bord d’un navire porte un uniforme de la Marine royale canadienne avec un insigne indiquant son nom et son grade de la Force aérienne. Il offre des conseils et du soutien à un marin.
  • Military chaplains from Germany, the Netherlands and Canada pose for a photo.

Par Dawnieca Palma, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

Pour la majorité des Canadiens, cette période ci de l’année marque le début d’une série de repas en famille et de traditions, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour les nombreux soldats des Forces armées canadiennes (FAC) en déploiement.

Les soldats des FAC doivent surmonter de grandes difficultés liées à la géographie, allant du sable brûlant du Mali aux eaux tumultueuses de l’océan Atlantique, en passant par la neige qui s’accumule sur les toits en Lettonie. Peu importe leur lieu de déploiement, durant le temps des Fêtes, ils s’ennuient nécessairement de la maison. Les prochaines semaines seront particulièrement difficiles pour eux. Ils peuvent néanmoins compter sur différentes formes de soutien, comme l’aumônier faisant partie de leur déploiement.

Né à Middleton, en Nouvelle-Écosse, le capitaine Michel Gagné a grandi au sein d’une famille dont l’un des membres faisait partie de la Force aérienne. Lorsque la vocation spirituelle se manifeste chez lui, il entreprend de se faire ordonner prête de l’Église anglicane et décide de mettre à profit son expérience militaire précédente au sein de trois régiments blindés de la Force régulière pour devenir aumônier militaire.

Maintenant qu’il occupe le poste d’aumônier de l’opération PRESENCE Mali, le capitaine Gagné réfléchit à son rôle. « Les principales responsabilités des aumôniers militaires, au niveau tactique, sont de donner des conseils aux commandants en matière d’éthique et de morale, tout en assurant une présence pastorale aux militaires », explique t-il. « Cela signifie d’aller voir les troupes dans leur lieu de travail, d’être disponible pour les soutenir durant les moments difficiles, de célébrer les bons moments avec eux, de leur offrir un moyen sûr et confidentiel de s’exprimer et, dans certains cas, d’agir en leur nom. »

Loin de sa famille pour la première fois, il se retrouve dans la même position que les soldats à qui il offre ses services. Son déploiement lui donne d’ailleurs l’occasion d’interagir avec des soldats étrangers, qui bravent eux aussi la chaleur torride si caractéristique de cette mission de l’ONU. « Dans le cadre de notre rôle ici, durant les évacuations sanitaires, nous transportons aussi du personnel des autres pays. J’essaie de me lever tôt le matin pour aller interagir avec les soldats; avec des Allemands, des Néerlandais ou des Bangladais, par exemple. Je les rencontre et je les encourage, juste pour leur faire savoir qu’en plus de leur chaîne de commandement, il y a aussi des aumôniers pour les soutenir. »

À l’approche du temps des Fêtes, les soldats participant à l’opération PRESENCE Mali vivront une expérience inhabituelle. « Leur famille ne sont pas là; ils ne peuvent pas partir en congé pour être à leurs côtés. Ils peuvent se sentir isolés, éprouver de la solitude et s’ennuyer de chez eux. Je tiens simplement à souligner l’importance, pour les unités en déploiement, de s’assurer que leur aumônier et leurs travailleurs sociaux veillent à la santé spirituelle et mentale des soldats. »

Par ailleurs, le capitaine Gagné s’assure que les soldats des FAC adaptent leurs célébrations en fonction de la chaleur intense. « Nous planifions beaucoup de choses pour le temps des Fêtes. Tant au sein du contingent canadien que dans le reste des FAC, il y a beaucoup d’activités de prévues : un marché de Noël, un défilé du père Noël et, bien sûr, une messe de Minuit, et plein d’autres choses du genre. Nous faisons tout cela pour nous assurer que le temps des Fêtes soit quand même agréable, malgré l’éloignement. Il faut aussi s’assurer que les troupes sont en contact avec leurs familles. Ils peuvent téléphoner à la maison et rester en contact tout au long des Fêtes. »

Pendant ce temps, des marins du Navire canadien de Sa Majesté Ville de Québec se trouvent dans un environnement complètement différent. Il n’y a pas un seul grain de sable à l’horizon. En revanche, ils sont entourés d’eau parfois 15 à 20 jours de suite.

« Travailler à bord d’un navire de guerre est une expérience comme j’en avais jamais eu dans ma carrière », affirme le major Derrick Marshall, aumônier de la Force opérationnelle maritime de l’opération REASSURANCE. « C’est intense et stimulant, mais aussi stressant. Tout ce temps passé à travailler, à manger, à interagir et à dormir loin de la maison, vous pouvez imaginer que ça devient intense. J’appelle ça un « incubateur d’intensité », dans le sens où des amitiés peuvent se créer rapidement, mais où il faut aussi composer avec le stress. »

Pour le major Marshall, cette expérience est sans pareille. Il a servi près de 21 années dans la Force régulière, au sein des trois armées. Comme lorsqu’il était affecté à l’Aviation royale canadienne et à l’Armée canadienne, il comprend l’importance de pouvoir compter sur un aumônier durant ce déploiement avec la Marine royale canadienne. « L’aumônier à bord d’un navire permet au personnel de parler à une personne de confiance, dans un lieu sûr, parce que la confidentialité est importante dans ce contexte. Il leur donne l’occasion d’élargir leurs perspectives ou de se défouler s’ils en ont besoin. »

Pour tirer avantage de cette proximité avec l’équipage, il a trouvé le moyen suivant : s’investir. Il prend régulièrement des bains de foule, organise des séances d’études bibliques chaque semaine, engage des conversations informelles et sert le repas du midi aux militaires subalternes. Sa présence rehausse son rôle dans cet environnement si particulier.

Lorsqu’on l’a interrogé au sujet de ses plans pour le temps des Fêtes, le major Marshall a répondu qu’il s’investirait tout autant. « J’ai hâte de me pencher sur le sens spirituel de Noël, de célébrer la messe de Minuit, de chanter et de participer aux festivités. Je prévois faire jouer de la musique spéciale. Je suis en train de réunir des choristes et des musiciens qui présenteront des chants de Noël et d’autres chansons spéciales. Je suis très enthousiaste par rapport à cela, car la musique est une bonne façon de remonter le moral. »

Décembre est un mois important dans plusieurs religions. « Nous avons un membre de la communauté juive à bord. Il veut allumer une menorah et célébrer la Hanukkah, alors le commandant, moi même et lui allons allumer une menorah tôt en décembre. Je vais soutenir un militaire dont la religion est différente de la mienne, dans un geste de solidarité. »

Le major Marshall va encore plus loin en exprimant sa gratitude envers les famille des marins des FAC en déploiement. « Je tiens à dire combien je suis fier de faire partie de la Marine royale canadienne et de participer à l’opération REASSURANCE, et à quel point les membres de l’équipage travaillent fort. Leurs familles à la maison y sont pour beaucoup, parce que sans leur soutien, ils ne pourraient pas se concentrer autant sur la mission. »

Pour le capitaine David Gallas, aumônier du Groupement tactique de présence avancée renforcée en Lettonie dans le cadre de l’opération REASSURANCE, la proximité pose un très grand défi dans son environnement. Il explique que « la grande différence, c’est que je dois essayer de gérer mon temps pour faire le meilleur travail possible, tout en étant disponible pour les soldats. Il n’y a pour ainsi dire que moi et l’aumônier polonais pour environ mille soldats dans le Groupement tactique. J’offre principalement des services aux militaires canadiens, mais je suis aussi heureux de servir ceux des autres pays et de les aider du mieux que je peux. »

Or ce défi ne fait que renforcer ses capacités. En raison de tous les exercices et les activités qui se déroulent, la question du transport d’un endroit à l’autre l’oblige à faire preuve de créativité. Il est forcé de communiquer avec les soldats des sept pays de l’OTAN pour trouver d’autres solutions. « Ça peut être difficile parfois, mais d’une autre façon, ça a aussi du bon parce que ça m’oblige à savoir ce que tout le monde fait. »

Ayant été pasteur à temps plein par le passé, le capitaine Gallas a commencé à s’intéresser aux FAC lorsqu’il a rencontré des membres du clergé faisant partie de la Réserve et de la Force régulière. À titre d’aumônier, son but est de soutenir les soldats des FAC et leurs familles, tout en les aidant à faire preuve de résilience dans leur vie personnelle et en mission.

« Il y a des défis au travail et par rapport à la mission. Mon but est de les aider à être résilients, ce qui est aussi un objectif pour moi-même. Je dois prêcher par l’exemple. Quand le moral est bon, c’est excellent pour le personnel, mais aussi pour l’efficacité opérationnelle. Un bon moral aide à bâtir une forte résilience afin de surmonter les défis », explique t il.

Le capitaine Gallas, qui en est à son premier déploiement à l’étranger, a hâte de voir comment les choses se passeront durant le temps des Fêtes. « Je pense que le pire sera que les soldats s’ennuieront de chez eux. Je souhaite que nous nous unissions pour surmonter cette difficulté, parce que nous sommes tous loin de nos familles. La seule autre option que nous avons est de nous réunir. »

Il insiste sur l’importance de la communication, sans pour autant penser qu’elle peut régler tous les maux. « J’essaie vraiment de les encourager à bien communiquer et à avoir des communications de qualité. Je tiens à ce qu’ils sachent qu’ils sont importants. C’est sûr que c’est difficile pour nous, tout comme ce l’est pour nos familles. C’est dur pour tout le monde. Mon travail comme aumônier, c’est d’encourager les personnes à parler souvent à leurs êtres chers et à avoir de belles conversations. Je pense que cela représentera un changement durant le temps des Fêtes, l’accent qu’on mettra là-dessus. »

Il ne fait aucun doute que les soldats, les marins et les aviateurs des FAC en déploiement traversent une période difficile. Aussi unique que chacun des déploiements puisse être, ils viennent tous avec cette même épreuve durant le temps des Fêtes. C’est pourquoi il est important de se rappeler que les aumôniers sur place sont là pour les soutenir.



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