Le parcours inattendu du bombardier-chef Ashley Diggs : de videur de boîte de nuit à artilleur de l’Armée

Le parcours inattendu du bombardier-chef Ashley Diggs, de videur de boîte de nuit à artilleur de l’Armée

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Article / Le 20 février 2019 / Numéro de projet : 19-0016

Par le capitaine Nicholas Kaempffer, École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne

Février est le Mois de l’histoire des Noirs, période retenue pour rendre hommage aux Noirs canadiens d’hier et d’aujourd’hui qui ont porté l’uniforme militaire ou travaillé comme civils à la défense et au service du Canada depuis l’époque précédant la Confédération.

Oromocto (Nouveau‑Brunswick) — Lorsqu’il a grandi, à Halifax et à Toronto, le bombardier-chef (bdrc) Ashley Diggs n’avait pas prévu de faire carrière dans l’Armée canadienne, mais une promenade au centre-ville de Toronto a changé son plan de carrière.

Une fois son diplôme obtenu de la Northern Secondary School de Toronto (Ontario), le bdrc Diggs a travaillé comme videur dans les boîtes de nuit du centre-ville, où il a tiré parti de son entraînement en arts martiaux et au football pour assurer la sécurité des clients.

Par une journée venteuse d’octobre 2004, il est passé devant un centre de recrutement des Forces armées canadiennes (FAC). C’est là qu’un nouveau plan de carrière s’est dessiné puisqu’il s’est enrôlé comme artilleur en janvier de l’année suivante.

Bien que son grand-père ait servi dans l’infanterie pendant la Seconde Guerre mondiale avec le West Nova Scotia Regiment, le service militaire n’était pas présent à l’esprit du bdrc Diggs avant son enrôlement – mais l’attrait de l’aventure, les défis et le conditionnement physique semblaient correspondre parfaitement à ses intérêts et ses aptitudes.

L’instruction était rapide et intense, puisqu’il a complété l’instruction militaire de base, la qualification de soldat et enfin la formation professionnelle d’artilleur, ce qui a donné lieu à une affectation au 2e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery (2 RCHA), basé à Petawawa, en Ontario, en août de cette année-là.

Entrée au Régiment d’opérations spéciales du Canada

Après neuf mois passés chez les artilleurs, il a su qu’une unité – nouvelle à l’époque – le Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC), était aussi basée à Petawawa et qu’elle voulait tenir son premier cours de présélection des opérateurs – Forces d’opérations spéciales.

Cette organisation d’élite, qui fait partie du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada, a été conçue pour avoir la capacité et la souplesse permettant de fonctionner dans des conditions extrêmes dans tous les genres de conflit. L’entraînement était ardu, il prenait de longues heures, faisait vivre des expériences intenses et était conçu pour permettre de trouver les guerriers motivés et dominants sur le plan cognitif.

Après sa diplomation, le bdrc Diggs a servi au sein du ROSC pendant deux ans avant de revenir au 2 RCHA, d’où il a été envoyé à Kandahar (Afghanistan) en 2008, au sein du Groupement tactique de la Force opérationnelle 3-08.

Déploiement en Afghanistan en 2008

Servant au sein du quartier tactique général de son commandant de batterie, il a pris part aux opérations de combat visant les insurgés talibans. Durant sa mission, un véhicule blindé léger à bord duquel il se trouvait est tombé sur un engin explosif improvisé (IED), mais lui et le reste de l’équipage ont eu la chance de s’en tirer sans blessures graves.

À son retour heureux au Canada, le bdrc Diggs a été employé à diverses fonctions, notamment comme chauffeur du commandant du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada, et il a été envoyé en mission à l’appui du Sommet du G7 à Huntsville (Ontario) en 2010.

Nouvelle affectation près de ses racines, en Nouvelle-Écosse

En 2012, le bdrc Diggs a demandé une affectation dans l’Est du Canada. Lui et sa femme Sasha ont des racines établies de longue date en Nouvelle‑Écosse. Le bdrc Diggs peut retracer l’histoire de sa parenté au Canada jusqu’aux années 1700. Le côté maternel de sa famille vient du Sierra Leone, tandis que la famille de son père est arrivée au Canada après être partie des Caraïbes (vraisemblablement de la Barbade) dans les années 1700.

Son affectation au Centre d’instruction au combat, à la BFC Gagetown (Nouveau‑Brunswick) a offert au couple un soutien familial accru, puisque les parents de Sasha habitent tout près, à Fredericton.

Comme il travaillait dur comme chef subalterne, il a été promu à son grade actuel en 2014. Employé comme commandant adjoint d’une équipe de pièce à l’École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, le bdrc Diggs est fier de ses réalisations comme membre de l’Armée canadienne.

Absent à beaucoup de fêtes de la St-Valentin

« J’ai pu voir le monde, j’ai été déployé dans le cadre d’opérations expéditionnaires, et j’ai pu dépasser ce que je croyais être les limites du possible », mais il ajoute que le service présente parfois des difficultés.

« Ma femme avait l’habitude de compter à la blague le nombre de fêtes de la St-Valentin que nous avons manquées. »

« Il n’y a rien qui ressemble au service militaire »

Quand on lui demande de décrire sa journée la plus difficile dans l’Armée canadienne, le bdrc Diggs répond d’emblée que c’était lors de son exercice final du ROSC, qui fait partie du processus de diplomation.

En réfléchissant à ses années de service, il déclare : « Je décrirais mon expérience dans les FAC comme étant très positive dans l’ensemble – bien que tous les emplois aient leurs hauts et leurs bas, il n’y a rien qui ressemble au service militaire. Je n’aurais jamais cru, en 2004, que je finirais artilleur; c’est incroyable à quel point une vie peut changer lorsqu’on va faire une promenade au centre-ville de Toronto! »

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