Célébration de la diversité dans les Forces armées canadiennes durant le Mois de l’histoire des Noirs

L’aumônier Joachim Nnanna (à droite) est en compagnie de l’aumônier général des Forces canadiennes, John Fletcher (à gauche)
L’aumônier Joachim Nnanna (à droite) est en compagnie de l’aumônier général des Forces canadiennes, John Fletcher (à gauche), lors d’une cérémonie visant la consécration des nouveaux drapeaux d’escadron du 443e Escadron d’hélicoptères maritimes de Victoria, en Colombie-Britannique. Photo : Caporal Malcolm Byers, Services d’imagerie des FMAR(P)

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Capitaine Joachim Nnanna, aumônier régimentaire, 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery (1 RCHA) – The Shilo Stag

Je suis né et j’ai grandi au Nigéria, et maintenant, je remplis fièrement les fonctions d’aumônier dans les Forces armées canadiennes (FAC). Seules mes expériences m’ont préparé à m’acquitter de mon travail dans un environnement interconfessionnel avec des femmes et des hommes issus de groupes ethniques et religieux très différents.

Mon arrivée au Canada il y a 17 ans a marqué un changement important. Dans la petite collectivité où je me suis trouvé, j’étais le seul homme noir. J’ai été confronté à tous les défis auxquels les immigrants sont confrontés. Étant Africain et membre d’un groupe minoritaire sur le plan culturel, mes expériences et mes rencontres n’étaient pas toujours positives et plaisantes, tout particulièrement lorsque la couleur de ma peau n’était pas la même que celle de la population en général.

Tout au début, je n’avais pas l’impression d’appartenir au Canada. Sept ans après avoir mis les pieds au Canada, ma vie a été transformée. J’ai prêté serment au pied du drapeau rouge et blanc, et on m’a accordé la citoyenneté. Avec une certitude fondée sur la foi, j’ai descendu l’escalier menant au bureau de recrutement des FAC à Oshawa, en Ontario, et sans hésiter, j’ai pris la trousse de recrutement.

La discrimination raciale et le préjudice racial sont toujours bien présents au Canada. Bien que j’aie moi-même été victime de discrimination, la plupart des situations de discrimination que j’ai vécues au pays ont cessé lorsque je me suis enrôlé. Mes épaulettes, mon béret et mes bottes ont renforcé mon sentiment d’appartenance. Surtout, mon enrôlement a changé la façon dont les autres me percevaient. Je n’étais plus un immigrant, je n’étais plus un simple Noir africain; j’étais un officier respecté des FAC.

En tant qu’aumônier, je me suis rapidement vu assumer un rôle axé sur le rehaussement du moral. Et l’élément qui rassemble le tout, c’était le fait que j’étais un militaire en service et que je détenais la commission de la Reine à laquelle est associé un immense sentiment d’honneur et de servitude.

Lorsque j’ai pris part à un déploiement avec la Marine royale canadienne en 2017 dans le cadre de l’opération PROJECTION, j’ai eu le privilège de collaborer avec des marins d’autres pays. On me posait constamment la question suivante : « Pourquoi ces gens vous ont-ils permis de vous joindre à leur Marine? » Et je leur répondais toujours : « À qui la Marine appartient-elle? »

J’expliquais fièrement que je suis un Canadien, comme tout autre marin à bord du navire. Je me suis souvent interrogé à savoir la raison pour laquelle on me posait cette question, et j’ai finalement compris que le Canada est l’un des quelques pays au monde où un immigrant peut, avec dévouement et travail acharné, surmonter n’importe quel défi.

Peu importe le pays que nous visitions, que ce soit les Philippines, la Corée du Sud, la Chine, le Japon ou la Malaisie, il y avait toujours un marin canadien originaire de cette région-là et ce dernier se tenait prêt à servir de traducteur et à s’improviser conseiller culturel non officiel. Ce fait, qui émerveillait les marins d’autres pays, témoigne de la richesse en ressources humaines du Canada.

En tant qu’Africain, je peux transmettre mes valeurs dans mon nouveau chez-moi, au Canada et dans les FAC. Parmi ces valeurs se trouvent : un solide esprit de solidarité; l’optimisme relativement à la vie; la vénération des choses sacrées; le respect envers les personnes âgées et les autorités dûment constituées; la loyauté envers sa tribu laquelle, dans mon cas, est le Canada; la croyance selon laquelle le rire et la joie sont des antidotes à tous les problèmes de la vie, et un sentiment de fierté à l’égard de ses origines.

Ces valeurs colorent mes interactions avec les soldats et influencent la façon dont je traite avec les autres. En ce qui me concerne, nous habitons le meilleur pays au monde et c’est un privilège pour moi d’exercer les fonctions d’officier dans les FAC.

Au moment où nous célébrons le Mois de l’histoire des Noirs, nous célébrons aussi notre fermeté collective manifestée pour continuer de veiller à ce que notre pays soit un endroit où les rêves peuvent se réaliser. Ce mois-ci, je m’acharne à faire voir aux soldats la riche diversité dont nous jouissons au Canada, tout en leur rappelant de ne pas la tenir pour acquise. Les valeurs dont nous profitons au pays nous ont coûté des sacrifices, et notre force, c’est la diversité.

Je me souviens très bien d’une conversation que j’ai eue avec un marin qui se plaignait d’avoir à astiquer le pont du navire lorsque nous étions sur le point de rentrer au bercail à la suite de notre long déploiement. Alors que nous baignions dans l’euphorie du retour au Canada et que nous sifflions et nous amusions tout en nettoyant le navire, ce jeune marin m’a demandé pourquoi j’accomplissais gaiement ce genre de travail.

Je me suis tourné vers lui, et je lui ai dit : « Il y a vingt-cinq ans, je n’avais pas de bicyclette à nettoyer, mais aujourd’hui, je nettoie le Navire canadien de Sa Majesté. L’avenir s’annonce donc très prometteur. »

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