Des femmes vétérans célèbrent la Journée internationale de la femme avec un thé d’honneur et des histoires de courage

Edith Goodspeed et sa fille Jane Goodspeed
Une des occupantes du centre, Edith Goodspeed, qui célébrera son 100e anniversaire en avril 2019, a commencé sa formation pour devenir infirmière à 18 ans. Elle a rejoint les infirmières militaires à 21 ans. Aidée par sa fille Maureen Goodspeed pour raconter son histoire, elle a parlé de son arrivée en Angleterre en 1943 et de l’aide qu’elle a apportée aux soldats alités pour qu’ils se remettent sur pied. « J’ai toujours été heureuse de les aider, nos gars étaient merveilleux. » Sa fille a répliqué : « Bien sûr que tu penses ça, tu as épousé l’un d’entre eux! » Photo : Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau

Étiquettes : | |

Spencer McBride, Le Gardien

Le thé d’honneur de la Journée internationale des femmes au Centre de soins de santé des anciens combattants Perley-Rideau a permis de rendre hommage aux femmes vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée, et de leur offrir des fleurs et des chocolats, du café, des sandwichs et, bien entendu, un thé d’honneur.

« L’événement vise à reconnaître celles qui ont longtemps eu l’impression de ne pas mériter une reconnaissance », a déclaré Sara Francis, qui est la coordonnatrice du développement du Centre.

Une des occupantes du centre, Edith Goodspeed, qui célébrera son 100e anniversaire en avril 2019, a commencé sa formation pour devenir infirmière à 18 ans. Elle a rejoint les infirmières militaires à 21 ans. Aidée par sa fille Maureen Goodspeed pour raconter son histoire, elle a parlé de son arrivée en Angleterre en 1943 et de l’aide qu’elle a apportée aux soldats alités pour qu’ils se remettent sur pied. « J’ai toujours été heureuse de les aider, nos gars étaient merveilleux. » Sa fille a répliqué : « Bien sûr que tu penses ça, tu as épousé l’un d’entre eux! »

En effet, Edith a rencontré son futur époux, Donald Goodspeed, à l’hôpital où elle travaillait, et ils se sont mariés seulement six semaines après leur première rencontre. Elle prétend l’avoir aimé dès qu’elle a goûté à son excellente soupe aux légumes. « Je ne dirais pas qu’il s’agissait d’un amour au premier regard », a-t-elle dit en riant : « C’était un amour à la première soupe! »

C’est une femme très humble. Lorsqu’on lui pose des questions sur ses contributions à l’effort de guerre, elle parle principalement des contributions des soldats. Cependant, comme sa fille lui a rappelé, les soldats n’auraient pas accompli autant sans son aide. Pendant la guerre, Edith n’a jamais pensé obtenir une quelconque reconnaissance pour ses efforts, trop concentrée sur les soins infirmiers cruciaux qu’il fallait souvent fournir 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Cela pouvait être dangereux, Edith repense aux nombreux bombardements évités de justesse à la fin de la guerre. Elle se souvient encore d’un bombardement auquel elle a échappé à un fil. Un soldat a couru dans sa tente et lui a crié : « Baissez-vous, ma sœur! » Elle s’est couchée par terre quelques secondes avant que des éclats d’obus commencent à siffler au-dessus d’elle.

Les personnes qui ont pris la parole au thé d’honneur ont confirmé ses espoirs. La sous‑ministre Jody Thomas a prononcé un discours s’adressant à toutes les autres femmes comme Edith. « Vous, les femmes vétérans, nous avez montré à nous et au monde entier, que les femmes peuvent faire n’importe quoi. Les femmes comme moi occupent les postes que nous occupons grâce à vous. »

Alors qu’elle parlait du temps qu’elle a passé à la Marine royale canadienne, elle a rappelé les défis qu’elle, à l’instar des femmes vétérans des premières générations, a dû surmonter pour tenter d’obtenir un traitement égal, ces défis allant d’options professionnelles limitées à des collègues sexistes. Mais elle a également parlé de la façon dont les attitudes ont évolué, de la façon dont les Forces armées canadiennes (FAC) ont amélioré leur approche à l’égard des femmes.

L’une des personnes à l’origine de l’événement, le Major (à la retraite) Sandra Perron, a également évoqué l’importance de la reconnaissance des vétérans. Le Major (ret.) Perron a été la première femme officier d’infanterie de l’Armée canadienne à se joindre au Royal 22e Régiment en 1990.

Elle pense que les événements comme celui-ci sont nécessaires, car la reconnaissance des accomplissements des femmes vétérans fait toujours défaut dans la société. Elle a fait remarquer les exploits remarquables de nombreuses femmes présentes, notamment ceux de Doris Jenkins, qui a travaillé en tant que mécanicien de réparation à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale, ceux de Jessie Chenevert, qui est devenue directrice des soins infirmiers pendant la même période, et bien sûr ceux d’Edith.

On lui a demandé ce qui l’a inspirée pour créer un événement offrant à ces femmes cette reconnaissance. Elle a raconté : « Je prends parfois la parole dans les écoles, auprès des enfants de troisième et de quatrième année. Je peux être devant eux, en équipement militaire complet, avec des médailles épinglées sur la poitrine, et ils attendent toujours que le « Major Perron » arrive, car ils ne pensent jamais qu’ils vont rencontrer une femme. » Sa motivation provient en grande partie de l’évolution de la perception sociétale des rôles que les femmes peuvent jouer dans les FAC.

Date de modification :